L’intitulé de l’enregistrement édité chez Hortus éditions repose sur la terminologie musicale allemande B.A.C.H. où B désigne la note si-bémol, A le la-bécarre, C le do et H le si-bécarre.
L’idée du motif B.A.C.H provient de Bach lui-même, qui l’a indiqué dans la dernière œuvre de sa vie, L’Art de la fugue, plus précisément dans le dernier contrepoint, resté inachevé puisque Bach mourut en le composant. À deux reprises, Bach y a en effet apposé sa signature à travers le motif musical de son propre nom – si-bémol, la bécarre, do, si-bécarre – ce qu’il n’avait jamais fait auparavant.
Après que Mendelssohn eut rendu à l’humanité la musique de Jean-Sébastien Bach, tombée entre temps dans l’oubli, de nombreux compositeurs ont voulu exprimer leur admiration pour ce géant musical par une offrande personnelle, en composant une œuvre sur le motif de son nom.
Alors que Les Préludes et fugues sont le plus souvent présentés ensemble dans les concerts et dans la discographie, nous avons souhaité ici placer Le Prélude en Mi-bémol Majeur – Es-dur BWV 552,I – au début de l’enregistrement et La Fugue – BWV552,II – à la fin, évoquant ainsi l’accompagnement liturgique : Le Prélude ouvre la liturgie, La Fugue la termine, accompagnant la sortie des prêtres et de l’assemblée. Le choral Wir glauben all an einen Gott, Vater (Nous croyons tous en un seul Dieu, le Père) exprime le Credo, qui est le symbole de la foi chrétienne. Nous l’avons placé au centre.
Les compositions de Schumann, Liszt et Reger présentées dans cette suite d’enregistrements sont ainsi encadrées par Jean-Sébastien Bach à qui elles sont dédiées.
C’est notre manière de rendre hommage.
Edouard Oganessian